jeudi 29 mars 2007

Inuit Nunat ( Le pays des Hommes )


"Arluk" Jorn Riel. Roman. Gaïa Editions, 1996.
Traduit du danois par Inès Jorgensen.



Jorn Riel, le chantre de la banquise, a fait du Groënland la terre d'élection de sa prose romanesque. Dans l'ensemble de son oeuvre transparaît la rencontre, parfois amicale, parfois violente, entre deux mondes différents, celui des européens d'une part, et celui des Inuits, chasseurs nomades originaires du grand Nord canadien qui essaimèrent peu à peu vers l'Est et le Groënland. A peu près à la même époque ( entre 1000 et 1500 ap. J.C.) les vikings et leurs descendants, pour la plupart originaires de Norvège s'installèrent le long des côtes et des fjords situés au sud de la « Terre Verte

Le roman de Jorn Riel se déroule au moment où les populations norvégiennes établies au Groënland sont peu à peu décimées par la peste, les changements climatiques, l'interruption des échanges avec leur patrie d'origine ainsi que les violentes escarmouches les opposant d'une part aux pirates et d'autre part aux Inuits.

C'est en cette période tourmentée que naît Arluk, chasseur Inuit et « Angagok » ( Chamane ) à qui il est prédit qu'il visitera toute la terre ( le Groënland. )

Jorn Riel nous raconte alors la vie et l'odyssée de ce grand chasseur, les moments de joie et les drames qu'il devra surmonter au cours de son errance dans les solitudes glacées. Arluk sera confronté à l'univers des « Kavdlunait » ( les européens) en la personne de Svava, ultime survivante d'une communauté norvégienne, qui deviendra sa deuxième épouse et donnera naissance à une fille aux cheveux blonds, Panikpak.

Le récit, dont la prose sans fioritures, semblable en cela à celle des sagas scandinaves, fait se succéder parties de chasses, légendes et mythes traditionnels Inuits, aventures de voyages, scènes intimistes et descriptions d'une nature sauvage et redoutable dont la beauté époustouflante transparaît à chaque page.

Le roman de Jorn Riel est une épopée mystique et sauvage où le devenir et les actions des hommes sont influencés par les vieux mythes fondateurs et le pouvoir des esprits tutélaires qui règnent sans partage sur les étendues glacées de l'arctique.

Dans la même veine, et à lire du même auteur :
" Le jour avant le lendemain."

3 commentaires:

Gachucha a dit…

J'ai découvert Riel récemment, c'est un auteur que j'ai envie de continuer à lire, d'abord avec "La Maison des célibataires" et pour la suite je note ce titre.

florinette a dit…

Comme Gachucha, j'ai découvert Jorn Riel avec "La maison des célibataires" et je compte bien poursuivre avec ses autres romans !

cathe a dit…

Moi aussi j'aime beaucoup Jorn Riel. Et comme il a beaucoup écrit, j'en ai encore pas mal à lire, notamment celui-là :-)