samedi 1 mars 2008

Bye Bye Harry !


"Harry Potter et les Reliques de la Mort" J.K. Rowling. Roman.Gallimard, 2007

Traduit de l'anglais par Jean-François Ménard.


Et voilà, c'est fini. J'ai refermé le 7ème et dernier tome des aventures de Harry Potter. C'est avec un peu de tristesse mais aussi de soulagement que je quitte les aventures du jeune sorcier.
Tristesse parce que depuis presque dix ans j'ai suivi de loin en loin les péripéties de Harry et de ses attachants compagnons.
Soulagement parce que je pense qu'au delà de ces sept tomes la recette serait très rapidement devenue indigeste.
Mais voilà, la boucle est bouclée et J.K. Rowling a eu la sagesse de ne pas continuer infiniment une série dont le succès n'est plus à démontrer mais qui – ce n'est que mon humble avis – commençait à donner des signes d'essoufflement. Il fallait donc en finir et tirer un trait définitif sur les aventures du jeune sorcier de Poudlard engagé dans sa lutte contre les forces du mal incarnées par l'affreux Voldemort et ses sinistres sbires.
Maintenant, J.K. Rowling peut se reposer et le succès mondial de son oeuvre lui offre la possibilité de poser son stylo jusqu'à la fin de ses jours. Les droits de son oeuvre lui assurant Ad Vitam Aeternam une rente plus que confortable, rien ne l'empêche de passer le reste de sa vie à siroter des coktails au bord d'une piscine aussi grande que le lac Léman.
Reprendra-t-elle la plume ? Personnellement je le souhaite car même si je ne suis pas un Pottermaniaque fanatique, je ne peux que la féliciter d'avoir fait découvrir l'amour de la lecture à toute une jeune génération qui n'a pas hésité une seule seconde à se plonger dans ces romans dont le dernier frise les huit cents pages.
Tout ce que je peux souhaiter maintenant, c'est que cette boulimie de lecture ne s'arrête pas là et que ces jeunes continuent à fréquenter les librairies et les bibliothèques, affinent leurs goûts littéraires et découvrent peu à peu les trésors de la littérature. Finalement, la plus grande prouesse qu'a pu accomplir notre sorcier en herbe, c'est d'avoir fait en sorte que des millions de jeunes découvrent qu'un livre n'est pas un objet repoussant et fastidieux mais bien au contraire une porte ouverte sur l'imaginaire.
Certains me rétorqueront que le marketing a pris une très grande part dans le succès de cette saga et je ne le nierai pas. J'ai éprouvé un certain malaise en voyant ces hordes vociférantes attendant fébrilement devant les librairies l'heure fatidique de la parution du dernier opus en date afin d'être parmi les premiers à le posséder. Ces tristes manifestations de consumérisme fanatique ont plutôt tendance à m'écoeurer, à fortiori quand l'objet en est un livre, objet destiné à être découvert et apprécié dans le calme et la solitude.

J'ai pris plaisir au cours de ces dernières années à découvrir peu à peu les aventures d'Harry Potter même si je dois tout de même reconnaître que parfois – surtout vers les derniers tomes – j'ai commencé à ressentir quelques signes d'irritation dûs à certaines redondances du récit. Mais mon impression générale reste quand même positive au vu de l'univers particulier créé par J.K. Rowling ainsi que par les valeurs véhiculées dans l'ensemble récit. Ces valeurs sont particulièrement présentes dans le dernier tome où les allusions au totalitarisme, à la haine et à la destruction de certaines catégories d'êtres humains considérés comme impurs, le noyautage des médias par le pouvoir en place, etc... ne sont pas sans rappeler quelques pages sombres de notre histoire, mais aussi de notre actualité.
En cela, Harry Potter est porteur de valeurs de tolérance et d'ouverture. Il résiste à la tentation de la puissance et du pouvoir alors que ses talents sont à même de lui permettre d'exercer sur les autres une emprise aussi négative que celle de son adversaire. Manichéisme ? Vision simpliste de la lutte du Bien contre le Mal ? Possible. Mais il apparaît au fil des romans que les différents personnages ne sont pas tous aussi sympathiques qu'ils paraissent au premier abord. Tous possèdent plus ou moins leurs zones d'ombre et il a suffi souvent d'un minuscule grain de sable pour que les uns et les autres basculent dans l'un ou l'autre camp. Les acteurs du récit réservent ainsi quelques surprises de taille au lecteur qui entame le dernier tome de la série.

La psychologie des personnages se complexifie également au fil de la saga. Bien sûr ce n'est pas du Dostoïevski mais cela donne un peu plus de profondeur à des caractères qui, dans les premiers tomes, étaient plutôt simplistes. Car une des facettes du talent de J.K. Rowling a été de faire évoluer ses personnages au fil des épisodes. Le Harry Potter âgé d'une dizaine d'années qui entre pour la première fois au collège de Poudlard dans le premier opus de la série ne peut plus être le même sept ans plus tard quand ses aventures se terminent lorsqu'il est devenu un jeune adulte. Il en est de même pour ses proches compagnons qui se trouvent eux aussi confrontés aux questionnements, aux angoisses et aux révoltes propres à tous les adolescents.
Mais n'oublions pas que la saga Harry Potter est avant tout une oeuvre de pur divertissement, un conte qui a du apparaître aussi jubilatoire à son auteure quand elle l'a imaginé et écrit, qu'aux lecteurs lorsqu'ils découvrent cet univers de magie et d'aventures aux multiples rebondissements.
On y retrouvera entre autres l'influence d'auteurs tels que James Matthew Barrie, Tolkien, Lewis Carroll, Oscar Wilde et Mervyn Peake.


Pour conclure, ce fut une belle aventure que ces années passées au collège de Poudlard. Mais le livre est maintenant refermé et il est temps pour moi de saluer tous ces personnages que j'ai suivi, comme des millions d'autres lecteurs, pendant ces sept années d'apprentissage de la magie.
Peut-être qu'un jour lointain nos chemins se croiseront de nouveau. En attendant je vous dis au revoir à tous : Ron, Hermione, Neville, Hagrid, Dumbledore, Fred et Georges, ainsi que tous les autres.
Et au revoir Harry.


4 commentaires:

Aelys a dit…

J'ai beaucoup aimé votre billet qui m'a semblé très objectif.
J'ai découvert Harry Potter sur le tard (il y trois mois pour être précise) et je me délecte en ce moment de l'avant-dernier tome. Je n'en partage pas moins votre avis concernant la pertinence de clore la série. Il n'empêche qu'Harry va me manquer, je crois, quand j'aurai tourné la dernière page ! J'avais beaucoup d'a priori avant de débuter la lecture, probablement du fait d'une médiatisation que je trouvais excessive. Je ne regrette pas d'avoir attendu (je n'ai pas eu besoin de patienter entre deux tomes) et encore moins de mettre finalement lancée !

canthilde a dit…

Un certain essoufflement sûrement dans l'abandon des ingrédients qui rendaient des premiers tomes irrésistibles, comme l'humour délirant, la vie de pensionnat et, bien sûr, le quidditch ! Mais il n'empêche que les livres de la série sont, à ce jour, ceux que j'ai le plus relus, chose qui m'arrive rarement.

Nina a dit…

J'ai lu moi aussi les 7 volumes et j'ai trouvé formidable que cette auteure nous embarque comme ça dans cette aventure pendant 7 ans et c'est surtout parce que la saga d'Harry Potter est vraiment excellente sinon les enfants ne l'auraient pas lu, j'ai vu des enfants de tous âges se plongeaient dans les volumes de la série et délaisser les consoles de jeux et tous ces loisirs modernes qui les éloignent de la lecture.
J'ai beaucoup aimé ton article, en effet dans cette saga les hommes ne sont pas blancs tous noirs il sont des humains avec leurs zones d'ombre, leurs erreurs.... j'ai beaucoup aimé les valeurs de l'amitié, de la solidarité qui démontrent tout au long des 7 livres l'importance d'être ensemble pour vaincre les problèmes Harry Potter n'aurait pas pu vaincre Voledemort tout seul.....

Joelle a dit…

Ton billet est très réussi ! La redondance dans les derniers tomes est peut-être due au fait que beaucoup les ont lu avec un délai entre chaque volume et qu'il fallait bien se remémorer certaines choses. Mais ce que j'espère le plus, c'est que cela aura donné le goût de la lecture aux jeunes !