mercredi 7 février 2007

Un petit carnet bleu


LA NUIT DE L'ORACLE. Paul AUSTER. Roman. Actes Sud, 2004. Traduit de l'américain par Christine Le boeuf.


A mon grand regret , je ne suis pas un familier des écrits de Paul Auster. Mais c'est promis, je vais faire en sorte de me corriger et de donner à ses romans une place plus importante dans mes choix de lectures. J'avais lu il y a quelques années « Tombouctou » et « Cités de verre » et j'avais été emballé. Puis, il y a quelques jours, m'est tombé par hasard entre les mains « La nuit de l'oracle .» Ayant épousé une « Austeromane », j'ai été vivement encouragé à lire ce roman. Et je dois dire que je n'ai pas été déçu. Bien au contraire, l'histoire de Sidney Orr, écrivain relevant d'une longue maladie et acquérant par le plus fortuit des hasards un petit carnet bleu m'a tout de suite attiré et au bout de quelques pages, j'étais hameçonné par le récit.Peut-être même devrais-je dire par « les récits » tant ce roman se démultiplie en une kyrielle d'histoires toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Cette mise en abîme, procédé littéraire qui a fait florès aux XVIIè et XVIIIè siécles, et dont le « Manuscrit trouvé à Saragosse » est le plus célèbre exemple, fait de ce roman un kaléidoscope littéraire dans lequel le lecteur, loin de s'égarer, s'immerge avec délectation. Auster renoue donc et renouvelle un procédé maintes fois éprouvé en nous offrant une parabole sur les influences qui s'exercent mutuellement entre fiction et réalité. Il nous invite à une réflexion sur le métier d'écrivain, sur les impulsions qui donnent naissance à la narration romanesque en laissant l'imagination vagabonder au gré de la page blanche. C'est aussi une interrogation sur le destin parallèle des livres et des êtres humains, que le hasard ou les circonstances feront naître ou mourir,tels les récits avortés de Sidney Orr qui ne deviendront jamais des romans mais resteront à l'état d'ébauche.
« La nuit de l'oracle » est une oeuvre poignante, protéiforme et captivante, une ingénieuse métaphore du processus de création littéraire, dont la puissance de narration entraîne le lecteur dans un flux incessant qui ne cessera qu'à la dernière page.

9 commentaires:

Allie a dit…

J'ai adoré ce roman! Mais bon, j'aime beaucoup Paul Auster alors j'ai à l'avance un préjugé favorable ;)

Bonne découverte de l'univers Austerien!

Flo a dit…

Ce n'est pas mon préféré mais je suis également une grande fan d'Auster alors ça ne veut pas dire que je n'ai pas aimé :)
Je ne connaissais pas l'expression "Austeromane" (on m'a dit récemment que j'étais une spécialiste en "austérologie" et ça m'avait déjà fait bien rire ! ;) mais j'ai la même tendance évangélisatrice que Katell et je suis donc ravie que tu aies succombé ! :)

yueyin a dit…

bon jepense que je dois vraiment reessayer Auster....

Éric a dit…

Je ne suis pas non plus un fan de Paul Auster, mais j'ai aussi adoré "La nuit de l'oracle". C'est un grand roman.

florinette a dit…

Après le livre des illusions j'ai lu celui-ci que j'ai également adoré et suis devenue une fan de Paul Auster !

marie a dit…

j'avais un préjugé plutôt défavorable envers Auster (trop encensé, trop photogénique, etc ;-)et puis je suis tombée sur ce livre! ! ! Extraordinaire, n'est-ce pas? Ce qui est drôle c'est que je n'ai pas pour autant eu envie de m'"austériser"...comme si c'était mon Auster unique à moi, comme un miracle isolé!

herwann a dit…

moi aussi j'aime bien Paul Auster c'est pas toujours très gai mais cela vaut la peine, le dernier que j'avais lu, cela remonte maintenant, c'était le grandiose Livre des Illusions mais je conseille vivement la trilogie newyorkaise, moon palace, la musique du hasard ma première approche de paul auster et cette partie de carte, cette course effrénée puis également Docteur Vertigo haut en couleur ... à lire assurément

Olivier a dit…

Bon c'est vrai que chaque nouvelle publication d'Auster est assez médiatisée... mais en l'occurence ça en vaut la peine ! Quand on en a lu un, lire les autres ajoute au plaisir de pénétrer cet univers si singulier, entre détours, perditions et grande cohérence. "Dans le scriptorium" m'a beaucoup plus aussi.

Olivier a dit…

"Dans le scriptorium" m'a beaucoup PLU (faute horrible-honteuse corrigée ........)