dimanche 22 juillet 2007

Microcosmos


"Merveilleuse Plante" William Goyen. Roman. ACTES SUD, 1994.

Traduit de l'américain par Patrice Repusseau.



Il s'appelle Tony Sepulveda et il vient de s'installer dans la ville de Los Angeles. Loin de chez lui, au coeur de cette mégapole artificielle, la déprime le gagne peu à peu. Afin de lui remonter le moral, un ami lui offre en cadeau une plante vivace : Merveilleuse Plante.


Bientôt, Tony ne pourra plus se passer de Merveilleuse Plante car celle-ci n'est pas un végétal comme les autres : sous ses feuilles vit tout un petit monde.

Tout d'abord, il fait un beau matin la connaissance de deux petits êtres verts et minuscules, Henry et Polly Cramoisi qui lui annoncent qu'ils attendent un heureux évenement.

Puis vient le tour de l'AOBB ( Association de l'Ordre des Braves Bêtes), milice d'insectes vouée à la sécurité de Merveilleuse Plante.

L'Ordre des Braves Bêtes – ou Ordre des Bons Insectes – va permettre à Tony de rencontrer son commandant Herbert Bête, ainsi que les divers membres du bataillon : Ver de Terre, Gary la Chenille, les deux coccinelles jumelles Gisella et Charlène, l'araignée Adèle, le timide Billy Balle et Fils de Terre le Ver Blanc.
Peu à peu, Tony va faire connaissance de toute cette société minuscule qui s'évertuera à lui remonter le moral en organisant des spectacles orchestrés par Criquet Cru. Il assistera aussi à la capture du redoutable Coupe-Coupe ainsi qu'à son procès qui s'achèvera... par un mariage.
Mais Merveilleuse Plante est une plante d'hiver et alors que l'été arrive, ses feuilles commencent à dépérir et toute sa population commence à organiser son exode annuel vers les profondeurs souterraines en attendant le retour de la nouvelle saison.

Pour Tony, c'est un déchirement de se séparer de ses nouveaux amis et il faudra l'intervention du docteur Taupe Emmanuel Molleton ( docteur ès lettres ès sciences et SPA, CNRS, et Président Honoraire de l'Ordre de l'IBF : Institution du Bulbe Fabuleux ) pour lui expliquer le cycle naturel de Merveilleuse Plante et lui faire ainsi admettre la nécessité qu'à celle-ci et ses habitants de se régénérer afin de revenir à la surface l'hiver suivant.


On l'aura compris « Merveilleuse Plante » est un court roman en forme de conte, une fable surréaliste qui évoque l'univers humoristique des dessins animés ainsi que le Pays des Merveilles de Lewis Carroll.

Avec ce livre, William Goyen nous offre une parabole sur le mal de vivre et le déracinement ainsi que sur le pouvoir dont dispose chacun de nous pour disperser les sombres nuages de la mélancolie et d'oublier, grâce au pouvoir de l'imagination, les tracas et avanies de l'existence. Cartésiens s'abstenir.


8 commentaires:

marie a dit…

Tout l'inverse de la note précédente: une vraie découverte que ce petit(?) livre, il me paraît absolument charmant, définitivement original, à la fois fantaisiste et spirituel! Même la couverture est craquante ;=)

yueyin a dit…

Salut Pascal, je l'avais déjà noté celui-là ! Je surligne ;-)

InColdBlog a dit…

Par coïncidence, je suis en train de lire la correspondace de Truman Capote dans laquelle il est souvent fait allusion à cet auteur et à ses oeuvres. Ton billet ne me donne que plus envie encore de le découvrir.

Allie a dit…

J'ai d'abord vu ce livre chez Chimère et tu confirmes mon envie de mettre la main dessus! Ma bibliothèque ne l'a malheureusement pas alors je devrai le trouver en librairie... Je me demande s'il existe en format poche...

Pascal a dit…

Je te rassure Allie, il existe en format-poche.

Lou a dit…

Je ne connaissais pas mais je pense que c'est justement le genre de lectures qu'il me faudrait en ce moment ! Je note !

Allie a dit…

Merci Pacal! Je le note donc dans ma liste de livres à acheter! Puisque ma bibliothèque ne l'a pas!

marie a dit…

J'ai trouvé ce livre à ma bibliothèque et par coïncidence on m'a offert qqs jours après "Arcadio" du même auteur. J'ai commencé par ce dernier, c'est très étrange, surréaliste, assez troublant (presque dérangeant..), triste aussi. Pas étonnant que Capote en ait parlé souvent, il semblerait que William Goyen soit un auteur très important là-bas, du niveau de Faulkner, Steinbeck.