vendredi 8 juin 2007

Paratiisisaaren vangit


"Prisonniers du paradis" Arto Paasilinna. Roman. Denoël, 1996. Traduit du finnois par Antoine Chalvin.



C'est avec un peu d'appréhension que je me suis décidé la semaine dernière à entamer la lecture de « Prisonniers du paradis. » Pourquoi ? Je m'explique.
En ouvrant ce livre, je m'attaquais au dernier roman de Paasilinna traduit en français qui ne me soit pas encore tombé dans les mains.
Depuis 1991, date à laquelle je dénichai dans la petite librairie de mon quartier un exemplaire du « Meunier hurlant », je n'ai cessé depuis lors, et quand l'occasion s'en présentait, de lire tous les romans d'Arto Paasilinna qui se trouvaient sur mon chemin. Que ce soit en librairie ou en bibliothèque, tout y est passé au fil des années et c'est avec une légère angoisse que je voyais se profiler le moment où j'aurai consommé tous ses romans parus et traduits en français.
Allais-je être forcé, sachant qu'une vingtaine de ses oeuvres n'avaient pas encore été traduites, d'apprendre le finnois pour continuer mon exploration de l'univers romanesque et décalé de cet auteur ? Bien heureusement non.
Le hasard a voulu que j'apprenne, alors que je commençai à me résigner, qu'une nouvelle traduction sortait en librairie et dont le titre, « Le Bestial Serviteur du Pasteur Huuskonen », était déjà à lui seul tout un programme.
Mais comme un bonheur n'arrive jamais seul, j'appris dans la foulée qu'un autre roman allait paraître au mois de septembre.
Réconforté par ces rassurantes nouvelles, j'ai donc pu m'adonner avec grand plaisir et sans plus aucun sentiment de frustration, à la lecture de « Prisonniers du paradis » qui fut son premier roman publié en Finlande en 1974.

On trouve d'emblée, à la lecture de ce premier roman, la matière de ce qui fera le style incomparable d'Arto Paasilinna, cet adroit mélange d'humour, de tendresse et d'insolite dans lequel le retour à la nature et la fuite devant l'uniformisation des moeurs sont devenus une constante que l'on retrouve dans toute son oeuvre.

Le narrateur de cette histoire, un journaliste finlandais en route vers l'Australie se trouve au début du récit à bord d'un avion au dessus du Pacifique. L'appareil, loué par l'O.N.U. transporte à son bord des infirmières, des sages-femmes, des médecins et des bûcherons, tous suédois, finlandais et norvégiens envoyés dans cette région du globe pour accomplir des missions humanitaires en Inde et au Bangladesh.
Mais en plein au dessus de l'Océan une tempête se déclare et l'avion se voit contraint d'amerrir en catastrophe. Fort heureusement pour les rescapés, l'appareil se pose à proximité d'une île.
Les naufragés, vingt-huit hommes et vingt-six femmes vont alors devoir faire preuve d'habileté afin de subvenir à leurs propres besoins et aussi de patience et de civisme pour cohabiter paisiblement les uns avec les autres et organiser une ébauche de société.
Les secours n'arrivant pas, nos Robinsons nordiques ne vont pas tarder à s'organiser et à tirer parti de tout ce qui leur tombe sous la main pour améliorer leurs conditions de vie.
On apprendra donc comment fabriquer un réfrigérateur avec des gilets de sauvetage ainsi que les diverses utilisations que l'on peut tirer d'une caisse remplie... de stérilets.
Nos joyeux naufragés en profiteront également pour distiller de l'alcool de noix de coco et ouvrir ainsi le « Café de la Jungle
On le voit, ce roman, qui n'engendre pas la mélancolie, est l'occasion rêvée pour Paasilinna de dresser quelques portraits truculents et de nous entraîner dans une histoire truffée de surprises et de rebondissements. Loin des forêts de conifères finnoises qui servent de toiles de fond à nombre de ses romans, Arto Paasilinna nos offre cette fois-ci une aventure aux couleurs des tropiques, un récit de naufragés dans la lignée de « Robinson Crusoe » et « L'île mystérieuse » mais avec cette fois-ci en plus, l' élément féminin, l'eau-de-vie, un vieux bunker japonais et bien d'autres choses encore. A déguster comme un bon verre d'aquavit.

8 commentaires:

marie a dit…

Je ne sais pas pourquoi je n'arrive pas à me décider à lire cet auteur. ça viendra .

Quant à la frustration du dernier livre à lire quand on adore qqn , ça en revanche je connais. Pour Robertson Davies (dont tout a été traduit et qui est mort..) j'ai réussi à acheter son dernier livre, Le Maître des Ruses, mais je m'en réserve la lecture pour plus tard, précieusement.. comme un fond de bouteille d'alcool exceptionnel

Laurent a dit…

Je suis également un grand fan de Paasilinna... Son univers est entre le rire et l'ironie... J'adore ! C'est lui qui a écrit : « Les Finlandais ne sont pas pires que les autres, mais suffisamment mauvais pour que j'aie de quoi écrire jusqu'à la fin de mes jours ». Rien à rajouter en attendant les prochaines traductions !

ekwerkwe a dit…

Tiens, une bonne piste pour Paasilinna, que je connais peu mais aime beaucoup. Et c'est bien d'alterner d'alterner les genres, ça permet de mieux revenir à la Finlande à la lecture suivante.

BelleSahi a dit…

De cet auteur j'ai lu "La douce empoisonneuse" et "Petits suicides entre amis". J'ai particulièrement aimé le premier.Et j'ai bien envie de découvrir celui-là !

kalistina a dit…

Il m'a été offert le mois dernier pour mon anniv, tu me donnes envie de le mettre en haut de la PAL! Ekwe, je te le prête si tu as envie.

chiffonnette a dit…

Amusant, c'est le premier roman de Paasilina que j'ai lu en fait! Je ne savais pas que c'était aussi son premier! Et je n'ai plus arrêté après! Quel bonheur! Et quels éclats de rire! J'ai bien envie de m'y remettre du coup!

Michel a dit…

Hier ma pal a pris 'le bestial"... et il va passer avant taous les autres tant cet auteur est extraordinaire

Seul 'le fils du dieu de l'orage' a echappé à ma voracité, et les critiques sont moins bonnes, alors, tant pis pour le sériamania : D

cathe a dit…

Moi aussi il m'en reste quelques uns à lire de lui, dont celui-là, chouette :-))