dimanche 6 avril 2008

Secrets de famille




"De manière à connaître le jour et l'heure"
Nicolas Cauchy. Roman. Robert Laffont, 2007.





En ce dimanche 21 juin, tous se sont réunis dans cette très belle maison parisienne pour l'anniversaire du chef de famille, Jean, qui va aujourd' hui fêter ses cinquante-quatre ans. Ils sont tous là : les fils, les brus, les petits-enfants, pour célébrer dans la joie cet événement. Tout semble se dérouler pour le mieux jusqu'au moment où un certain Gabriel sonne à la porte d'entrée. Il se dit porteur d'un message à remettre en mains propres au maître des lieux. Quel est le contenu de cette grande enveloppe qu'il détient ?
Après avoir délivré à Jean ce mystérieux message, il est subitement et vertement reconduit à la porte par celui-ci. Que s'est-il passé entre ces deux hommes ? Les membres de la famille n'en sauront pas plus.

Une semaine plus tard, tous sont à nouveau réunis, mais cette fois, ce n'est pas pour un anniversaire.
C'est encore Jean qui est à l'origine de ce rassemblement car s'ils se sont tous déplacés cette fois encore, c'est dans le but de célébrer ses funérailles.
Que s'est-il passé pendant cette semaine qui sépare ces deux dates, pour que Jean, hier encore en pleine force de l'âge, soit aujourd'hui décédé ? Y-a-t-il un rapport de cause à effet entre ce décès survenu brutalement et la mystérieuse enveloppe reçue une semaine auparavant ?

En abordant ce roman de Nicolas Cauchy, j'avoue avoir été quelque peu méfiant, voire dubitatif. Il est vrai que je sortais tout juste de la lecture ô combien éprouvante et ennuyeuse de « Ton silence est un baiser », nanar littéraire chroniqué plus haut.
Aussi, dès les premières pages de « De manière à connaître le jour et l'heure », je n'ai pu m'empêcher de soupirer de dépit en faisant la connaissance de cette famille de bourgeois parisiens, trop clean, trop parfaite, digne d'un mauvais téléfilm français. Tout cela commençait bien mal, je venais d'en souper des parisiens aisés, de leurs escapades à Cabourg, de leurs belles maisons meublées avec goût, ainsi que de leurs états d'âme quelque peu ridicules pour tout lecteur ayant chaque jour à affronter la difficile réalité du quotidien.

Fort heureusement, je me trompais du tout au tout. Au fil de la lecture, je découvris un par un les différents membres de cette famille qui m'avaient paru au premier abord un peu trop stéréotypés. Prenant la parole tour à tour, les différents figurants de cette histoire vont peu à peu se dévoiler au long du récit.
Car sous leur apparence lisse et formatée, tous ont ici quelque chose à cacher, un petit secret, une liaison clandestine, une haine soigneusement dissimulée... Peu à peu les masques tombent et l'harmonie factice du départ cède très rapidement la place à un tableau beaucoup plus contrasté de cette famille en apparence si unie et si prospère.
On découvrira progressivement que sous le voile des apparences se cachent certaines petites choses qu'il est préférable de garder sous le boisseau afin de sauvegarder l'entente familiale. C'est évidemment dans les dernières pages du roman que le lecteur trouvera une explication à la mort inattendue du chef de famille ainsi qu'au contenu de la mystérieuse enveloppe apportée par Gabriel.
Je me suis donc pris au jeu de cette lecture, découvrant au fil des pages la face cachée de tous ces personnages qui peu à peu me sont devenus presque sympathiques dans leurs faiblesses, leurs doutes et leurs hésitations face à la vie, à l'amour, à la réussite sociale, au regard des autres, etc... J'avoue quand même avoir eu quelques difficultés à m'identifier avec ces personnages dont les préoccupations me sont pour la plupart étrangères.
J'ai par contre apprécié la construction du récit, avec ses différents points de vue propres à chacun des protagonistes ainsi que la narration contrastée de chacun d'entre eux selon le moment où ils s'expriment : le 21 juin, jour de l'anniversaire ou le 27, jour des funérailles. Entre ces deux dates, le contexte aura bien évidemment changé, mais aussi les sentiments, les résolutions et les idées préconçues de chacun.

En conclusion, je ne saurai dire si j'ai vraiment aimé ce roman. Je l'ai trouvé habile, agréable à lire et construit de main de maître, mais les personnages m'ont pour la plupart laissés indifférents. L'empathie n'a pas fonctionné cette fois-ci. Mais je ne m'avouerai pas vaincu et je crois que si un jour me tombe sous la main un autre roman de Nicolas Cauchy, je ne le laisserai pas de côté. Je pense que « La véritable histoire de mon père », premier roman de cet auteur, serait en cela plus à même de me satisfaire.


Les avis de Tamara, de Caro[line], de Gambadou, de Anne, et de Florinette

2 commentaires:

Joelle a dit…

Je survole ton billet car je vais bientôt lire ce roman ! J'ai juste noté que tu avais finalement été plutôt agréablement surpris :)

florinette a dit…

J'ai préféré celui-ci à son premier, mais je pense que l'inverse va certainement se produire pour toi ! Si tu veux le lire, demande à Caro[line] car elle le fait voyager en ce moment !