mercredi 10 janvier 2007

A l'ombre de la cathédrale...


LES MORTS REVIENNENT TOUJOURS. Charles PALLISER. Phebus 1999. Traduit de l'américain par Eric Chedaille.


Charles Palliser, l'auteur du Quinconce, ce diabolique roman-piège qui fut un succès mondial nous offre avec Les morts reviennent toujours un nouveau casse-tête littéraire en forme d'énigme policière. Quittant les quartiers de Londres et l'ambiance "dickensienne" du Quinconce , l'auteur nous transporte à la fin du XIXè siècle dans une ville endormie et brumeuse du Wessex, dominée par son imposante cathédrale et son enceinte médiévale. Le narrateur principal, Courtine, professeur d'Histoire à Cambridge, s'y rend pour quelques jours afin de rendre visite à un ancien ami et camarade d'études , ainsi que pour recueillir des informations concernant ses recherches sur la vie du roi Alfred de Wessex qui vécut au IXè siècle. L'atmosphère mysterieuse de la ville, l'attitude étrange de son vieil ami, la découverte d'un cadavre, probablement assassiné au XVIIè siècle, ainsi que le meurtre sauvage et énigmatique d'un notable bouleverseront ce séjour initialement consacré au repos et à l'étude.

Une fois de plus, Charles Palliser joue avec nos nerfs et notre sens de la logique en nous offrant une intrigue policière d'une redoutable efficacité. L'atmosphère d'étrangeté dans laquelle baigne le récit, avec sa cathédrale et ses maisons aux pignons gothiques noyées dans la nuit et la brume, ainsi que les personnages So British, tout concourt dans ce roman à évoquer les ambiances chères à Agatha Christie et Conan Doyle. L'érudition, le sens du détail et de la mise en scène, le ton volontairement désuet, le rythme ( faussement) nonchalant du récit, font de ce livre un petit chef-d'oeuvre du suspense, roman à tiroirs mêlant de multiples intrigues afin de manipuler et d'égarer ( pour son plus grand plaisir) le lecteur qui rebondit de certitudes en chausse-trappes jusqu'à l'ultime conclusion du roman.

En digne émule d'Hitchcock et de Wilkie Collins, Charles Palliser démontre une fois encore son talent d'architecte du mystère, sa maîtrise de l'intrigue et sa capacité à fourvoyer le lecteur dans sa quête de la vérité. En conclusion, rien à voir ici avec les romans du style Da Vinci Truc et autres bouquins qui font florès actuellement. Les morts reviennent toujours est un livre superbement charpenté ( au même titre que le Quinconce) et, à mon humble avis, place son auteur au rang des plus grands maîtres du Suspense.

Un dernier mot, si vous aimez qu'un auteur vous fasse "tourner en bourrique" , alors précipitez vous sur un roman de Palliser, vous n'en ressortirez pas indemne. Un pur régal.

1 commentaire:

yueyin a dit…

hum l'ambiance me convient tout à fait... je note le titre !