vendredi 26 octobre 2007

Yourougou


"L'empreinte du renard" Moussa Konaté. Roman. Librairie Arthème Fayard, 2006



Rien ne va plus dans le village Dogon de Pigui. En l'espace de quelques jours se succèdent plusieurs morts suspectes. On a retrouvé les victimes au petit matin, le corps démesurément enflé, la bouche emplie de sang noir.


Dolo, le jeune maire du village, ainsi que trois autres conseillers municipaux, se sentent menacés à leur tour. C'est à Bamako,auprès du conseiller du ministre de la Sécurité intérieure, que Dolo va se rendre afin de demander l'assistance des autorités. Issa, le conseiller va pour cela faire appel au commissaire Habib Kéita et à son collaborateur, l'inspecteur Sosso Traoré.


Et voilà nos deux policiers en route pour le pays Dogon à bord d'un 4x4 en compagnie d'un chauffeur volubile et railleur.

Après maintes plaisanteries et de nombreux éclats de rire, Habib et Sosso arrivent à Bandiagara, chef-lieu du pays Dogon, dernière enclave de tradition animiste du Mali.

Ils vont avoir fort à faire pour élucider le mystère des morts mystérieuses de Pigui. Car ici, la logique et les méthodes d'investigation modernes doivent prendre en compte, voire même s'effacer, devant le poids des traditions séculaires, des rites magiques et des sortilèges.


Car comment expliquer ces morts mystérieuses et fulgurantes de jeunes gens en pleine santé quelques heures avant leur décès ? Pour certains, il faut y voir le châtiment d'Amma, l'ancêtre des Dogons, pour d'autres il s'agirait de la malédiction de Kansaye, un vieillard dont le neveu est mort récemment dans un duel l'opposant à un autre jeune homme du village. Qui est à l'origine de tous ces meurtres ? Peut-être que Kodjo « le Chat » , le devin du village, l'homme qui lit l'avenir dans les empreintes de renard, en sait quelque chose ?


Polar ethnique, « L'empreinte du renard » nous emmène dans un Mali hésitant entre tradition et modernité, un pays où la culture traditionnelle, qu'elle soit animiste ou musulmane, est en lutte contre ces fléaux hérités du colonialisme que sont la corruption et l'appétit de lucre.
Moussa Konaté nous décrit avec justesse et tendresse ce pays et ses habitants, pauvres mais dignes, dépourvus de biens matériels mais riches d'une humanité, d'une sincérité et d'une bonne humeur à toute épreuve.

Il nous dépeint une galerie de personnages tous plus attachants et exubérants les uns que les autres, et à travers eux c'est toute un pan de la société malienne qui se dévoile avec ses grands et ses petits fonctionnaires, ses paysans, ses anciens qui se réunissent pour palabrer, ses jeunes filles de Bamako qui rêvent d'un ailleurs, miroir aux alouettes inspiré de l'univers des clips video et des séries américaines...


D'une redoutable efficacité, « L'empreinte du renard » est un roman qui se lit d'une traite, un polar intelligent et dépaysant, peuplé de personnages hauts en couleurs, un récit passionnant qui n'offre pas de temps mort et dont la trame est traversée d'incessants éclats de rire. Un pur bonheur.
(Merci à Marie-Laure de "Parfums de livres..." qui m'a fait découvrir cet auteur.)

4 commentaires:

rennette a dit…

hum un polar et au pays Dogon en plus !!!
je le note celui là avec grande envie
je te conseille vivement Don Meyer écrivain sud africain mais tu connais sûrement !! (chez le même editeur)

Pascal a dit…

Rennette : Hé bien non, je ne connais pas Don Meyer. Je suis un néophyte dans le domaine du polar. Mais je note cet auteur avec grand intérêt. Et si un jour un de ses romans me tombe sous la main, alors là...
Merci pour le tuyau.

yueyin a dit…

Génial un polar anthroplogique africain !!! et en pays Dogon en plus... et bon de surcroit..; que du bonheur, je le note illico !!!

Camille a dit…

Ouh ça paraît très bien! Je note donc aussi...