mardi 23 octobre 2007

Discours de la Méthode


"L' Echelle de Monsieur Descartes" Frédéric Serror & Herio Saboga. Editions Le Pommier/Fayard, 1999.



En ce printemps de l'année 1648, le philosophe René Descartes quitte les Pays-Bas pour ce qui sera le dernier voyage qu'il effectuera à Paris. S'il se rend au Royaume de France, c'est avant tout pour y revoir quelques amis chers à son coeur mais aussi dans l'éventualité de bénéficier d'une rente ou d'une charge de conseiller accordées par l'entourage de la régente Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin.
Mais le hasard fait que la venue du philosophe coïncide avec un évenement qui va bouleverser la monarchie française pendant cinq années : la Fronde.


Le jour même de son arrivée à Paris, dans un appartement de la rue du Temple, un homme est assassiné. Cet homme, le chevalier de Blancmesnil est retrouvé la tête écrasée par une force invisible et surhumaine. Mais tout porte à croire que Blancmesnil n'était pas la victime désignée, mais qu'au contraire ce meurtre visait en premier lieu l'homme qu'il hébergeait : François de Bourbon-Vendôme, Duc de Beaufort, Frondeur notoire surnommé par les parisiens « Le Roi des Halles », et évadé du château de Vincennes où il était détenu depuis sa participation en 1643 à la "Conjuration des Importants".


La seule personne présente au moment du crime s'avère être une jeune femme, Madeleine d'Yonne, maîtresse du Duc de Beaufort. Très vite elle est soupçonnée du meurtre et ne doit son salut qu'à l'intervention d'un jeune homme intrépide, Gaëtan Tourneur.
Ce jeune homme – grand admirateur du travail de Descartes – a été présenté quelques heures plus tôt à celui-ci par le révérend père Marin Mersenne – ami du philosophe – et a obtenu l'insigne honneur d'être employé par Descartes lui-même en qualité de secrétaire.


Convaincu de l'innocence de Madeleine d'Yonne et très rapidement épris de cette jeune femme délaissée par le Duc, Gaëtan Tourneur va inciter Descartes à trouver le moyen d'innocenter Madeleine et par la même occasion de faire toute la lumière sur cet étrange assassinat qui défie les règles élémentaires de la logique.
Appliquant à la lettre les théories énoncées dans son « Discours de la Méthode » ainsi que ses écrits sur les lois du mouvement et des chocs, le célèbre philosophe, physicien et mathématicien du XVIIème siècle va tenter d'éclaircir – par les voies de l'intuition et de la déduction ainsi que par l'expérimentation – le mystère de l'assassinat de la rue du Temple.


Véritable « polar » historique, « L'Echelle de Monsieur Descartes » nous plonge dans une enquête menée tambour battant où les scènes d'action alternent avec les moments où le philosophe et ses compagnons échafaudent leurs théories sur la façon dont a pu être mené l'assassinat du chevalier de Blancmesnil.


Frédéric Serror et Herio Saboga, tous deux philosophes et spécialistes de l'oeuvre de Descartes, font revivre sous nos yeux le Paris du XVIIème siècle en proie à l'agitation populaire de la "Journée des barricades", en nous restituant avec talent le beau langage et le style de l'époque, en nous offrant une enquête haletante où le lecteur fera le rencontre de maints personnages historiques, acteurs ou témoins de cette époque troublée de la monarchie qui déterminera la politique de Louis XIV quand celui-ci accèdera au pouvoir en 1661.
Afin d'apporter plus d'éléments au lecteur, les auteurs ont ajouté en annexe du roman des extraits de textes choisis qui permettront aux curieux de parfaire leur connaissance des théories philosophiques et mathématiques de Descartes, et d'apporter d'intéressantes précisions aux raisonnements énoncés par le philosophe dans la partie romanesque de cet ouvrage.


« L'Echelle de Monsieur Descartes » est un livre qui réconciliera les amateurs de philosophie avec celles et ceux qui trouvent cette science rédhibitoire. Sous son aspect de roman-policier, ce récit est aussi une très bonne entrée en matière et une manière distrayante d'appréhender la pensée de Descartes.

5 commentaires:

marie a dit…

Cela me paraît très intéressant, j'aime bien ce genre de roman à la fois didactique et distrayant, surtout quand c'est sur de tels sujets. Combien fait-il de pages, siou plaît, monsieur bibliomane?

Pascal a dit…

Le roman en lui-même fait 280 pages suivies d'une petite trentaine pour ce qui concerne les annexes.

marie a dit…

Merci :) Je n'ai rien pour ni contre un pavé, ou au contraire un léger fascicule, et pourtant j'aime bien savoir par avance à quoi je vais m'attaquer...

Anne-Sophie a dit…

C'est très rigolo que tu parles de ce livre sorti il y a déjà pas mal d'années. A l'époque j'étais stagiaire au Pommier... J'avais bien évidemment lu ce livre très pédagogique et plaisant en même temps.

Pascal a dit…

Anne-Sophie : comme tu peux le voir, mon actualité littéraire est un peu décalée