lundi 14 mai 2007

Le 5e Prix des Lecteurs du Télégramme # 10


"Je viens de tuer ma femme." Emmanuel Pons. Roman. Editions Arléa, 2006.



Emmanuel Pons vient de tuer sa femme.

Dans ce petit village de Normandie où le couple s'est installé, la vie s'écoule au rythme lent des saisons. On y croise des retraîtés, des instits cathos-bobos et tout le petit monde qui compose le paysage rural de ces petits « patelins » perdus dans la campagne, ces villages-dortoirs désertés par les services publics et que viennent seulement égayer le ronron des tondeuses à gazon.
C'est pourtant au sein de ce vert et somnolent paradis qu'un drame vient de se jouer. Parce qu'ils n'arrivaient plus à se supporter, l'irréparable a été commis et Manu ( Emmanuel ) Pons a tué son épouse.
Avant de se rendre à la gendarmerie et de se livrer aux autorités, il décide de passer chez le marchand de journaux afin d'y acheter des timbres pour envoyer les faire-parts de décès. Mais le hasard et les circonstances feront que ce projet devra être ajourné et notre assassin va devoir faire face à de multiples imprévus, quitte pour cela à accomplir sur son parcours quelques homicides inopinés.


De la haine conjugale jusqu'à l'amour retrouvé, le roman d'Emmanuel Pons nous invite à suivre pas à pas les actions et les tergiversations d'un homme qui se retrouve un beau jour dans la peau d'un assassin. Maniant l'humour noir tout au long du récit, l'auteur, qui se met ici en scène dans une situation où le drame le dispute au comique et à l'absurde. Cette comédie, malgré certains aspects outranciers et son humour parfois « potache », se lit avec un certain amusement et offrira au lecteur un bon moment de détente.


Roman comique et sans prétention, « Je viens de tuer ma femme » est un récit récréatif pour amateurs d'humour noir où le personnage principal, loin des habituels clichés de « Serial Killers » nous entraîne dans une spirale qu'il a , certes, suscitée par son acte initial mais dont le déroulement qui s'ensuit lui échappe totalement et le poussera peu à peu à prendre conscience du lien indéfectible qui l'unissait à son épouse.

1 commentaire:

marie a dit…

Tentant...