vendredi 15 décembre 2006

Loin derrière les tranchées...


LE SANG NOIR . Louis GUILLOUX. Roman. Gallimard 1935


"Ce livre tendu et déchirant, qui mêle à des fantoches misérables des créatures d'exil et de défaite, se situe au delà du désespoir et de l'espoir." (Albert CAMUS.)


L'action de ce roman se situe en 1917 dans une petite ville de province. Dans l'espace d'une journée, nous suivons les agissements de diverses personnes gravitant autour du personnage central: Mr. Merlin, professeur de philosophie surnommé "Cripure" (contraction de "Critique de la Raison Pure.")
Au cours des vingt quatre heures dans lesquelles se déroule le roman de Louis Guilloux, le lecteur fait la connaissance d'une galerie de personnages tous plus pathétiques les uns que les autres. Ce petit monde de notables gorgés d'autosuffisance transpire la bêtise et la méchanceté.
Alors que sur le front, la jeunesse du pays se fait hardiment massacrer, que les premières mutineries éclatent, les protagonistes de ce roman , officiers d'opérette, instituteurs va t'en guerre et autres "planqués" se gargarisent de tirades héroïques et patriotiques qui n'abusent qu'eux mêmes et leurs semblables.
Cripure, personnalité anti -conformiste, pétri de contradictions, personnages hors norme pour toute cette élite bien pensante , deviendra leur victime expiatoire.
Louis Guilloux, avec "Le Sang Noir", a offert à la littérature française de l'entre-deux guerres une oeuvre puissamment charpentée, un abîme de noirceur et de désespoir.
S'il fallait décider, sur les étagères d'une bibliothèque, d'un emplacement pour le roman de Louis Guilloux, ce serait entre le "Voyage au bout de la Nuit" de Céline et "Les Ames Grises" de Philippe Claudel.

2 commentaires:

lorelei a dit…

lqsugje me souviens avoir adoré Le Sang noir de Louis Guilloux; c'était il y a quelques années et je me dis qu'il faudra que je le relise, ne serait-ce que pour apprécier à nouveau le fond et la forme! C'est un auteur que je redécouvre néanmoins à la lecture d'un recueil de contes et nouvelles peu connus: Vingt ans la belle âge; C'est tout simplement magnifique. j'ai particulièrement apprécié le nouvelle intitulée "Douze balles montées en breloque"; une dénonciation terrible des stupidités de la guerre (celle de 1914-1918 en la circonstance) à travers un épisode malheureux mais très révélateur de l'époque (côté état-major et côté civils); la jeune fille qui défend la mémoire de son père contre une mère qui oublie trop facilement le "crime" (je ne veux pas en dire plus, au risque d'en dire trop!!)... Il faut absolument lire cette nouvelle et tous les autres textes qui l'accompagne dans ce recueil qu'une amie m'a permis de découvrir. j'ai conseillé la lecture de "Douze balles..." à des collègues, elles ont toutes adoré. Alors à ton tour beau-frère!!! Tu ne seras pas déçu...

Pascal BOUALI a dit…

Je le note sur mon petit carnet et tenterai prochainement de me le procurer auprès de la bibli de Guingamp ou de la BCA.
Merci belle-soeur pour ce commentaire qui m'incite à découvrir un peu plus les oeuvres de ce remarquable auteur.