mardi 5 décembre 2006

Le dernier Païen


JULIEN La mort du monde antique. Claude FOUQUET. Biographie. Les Belles Lettres 1985

Ce livre qui se lit comme un roman retrace la vie racontée par lui-même de l'empereur Julien que ses adversaires chrétiens qualifieront du nom infamant d' "apostat".
Julien naît en l'an 332 à Constantinople. Il est le neveu de l'empereur Constantin, fils du demi-frère de celui-ci. A la mort de l'empereur en 337, ses trois fils font massacrer tous les membres de cette branche de la famille à l'exception de Julien et son frère Gallus. Les deux enfants ayant du leur salut à leur jeune âge furent exilés loin de Constantinople, à Makellon en Cappadoce. Julien est élévé dans le christianisme et reçoit le baptême mais ses précepteurs éveillent en lui un goût prononcé pour la culture et les lettres grecques.
En 347, l'empereur Constance II met fin à son exil. Il revient à Constantinople où il fréquente les plus célèbres philosophes de l'époque. En 351, Maxime d'Ephèse l'initie aux mystères païens et Julien se convertit secrètement au paganisme. En 355, son frère Gallus que l'empereur avait associé au pouvoir avec le titre de César est exécuté, accusé de complot. Julien part pour Athènes où il est initié aux Mystères d'Eleusis.
En 355,Constance le fait venir à Milan où il lui décerne le titre de César et l'envoie en Gaule afin de mettre fin à l'usurpation de Magnence et de stopper l'invasion des Alamans. Il fait ses premières armes et participe à la reconquête de Cologne. Il remporte en 357 une victoire décisive contre les Alamans à Strasbourg.
Ayant pris ses quartiers à Paris ,c'est là qu'en 360 ses armées le proclament Auguste. Julien(sous la pression de son armée ?) accepte ce titre qui fait de lui un usurpateur. Le conflit avec l'empereur Constance II semble inévitable.
Alors qu'il marche sur Constantinople,il apprend en 361 la mort de Constance qui l'a désigné comme son successeur.
Julien s'étant déclaré ouvertement païen,il proclame la tolérance religieuse pour tous.Il restitue leurs biens aux temples païens et met fin aux privilèges octroyés par ses prédécesseurs aux clercs chrétiens .Il veut doter le paganisme d'institutions semblables à celles qui ont fait la force du christianisme et ont permis son expansion.
Le prosélytisme païen de l'empereur lui attire l'hostilité des chrétiens. Entre les deux partis le ton monte.
En 362, l'empereur promulgue une loi excluant les chrétiens de l'enseignement. Le conflit religieux devient de plus en plus difficile et des massacres sont perpétrés par les deux partis. Des troubles religieux marquent le séjour de l'empereur à Antioche de 362 à 363. En 363, Julien prend la tête de l'armée pour combattre les perses, il remporte la victoire à Ctésiphon mais il est mortellement blessé lors d'un combat prés de Samarah.
Il meurt en conversant avec ses compagnons de l'immortalité de l'âme.
Dans ce livre, Claude Fouquet dresse le portrait d'un empereur érudit et utopiste, mystique et rationnaliste, ami des philosophes et attaché à une vision du monde pluraliste et tolérante. L'auteur tire ses sources des écrits de l'empereur et des témoignages de ses contemporains. Il nous restitue une image fidèle de ce que pouvaient être le monde et la pensée au cours du IVè siècle.

5 commentaires:

Olivier a dit…

Article très intéressant tout comme l'ensemble de votre blog, je me suis permis de mettre votre blog sur le mien consacré à de grandes figures dans la liste des blogs à visiter.

Pascal BOUALI a dit…

Olivier, merci de m'avoir rendu visite.Toutes mes félicitations pour votre tout nouveau blog qui ne manquera pas à coup sûr de s'étoffer dans l'avenir et deviendra j'en suis sûr un site de références pour ceux et celles qui y effectueront des recherches. C'est un travail de longue haleine,je vous adresse tous mes encouragements.

Syracusius a dit…

Un ami me fait découvrir votre blog. Une correction s'impose dans le résumé du livre de Claude Fouquet: Julien n'est pas désigné comme César et envoyé en Gaule en 355 pour abattre l'usurpateur Magnence, car celui-ci s'est déjà suicidé en 353. L'expression "Le dernier païen" me frappe, car je viens de publier un roman qui porte ce titre. Il s'agit des prétendus mémoires d'un personnage mort en 420, qui comme jeune homme a été proche de l'empereur Julien, et qui s'est, par fidélité à sa mémoire, engagé dans un long complot visant à restaurer les cultes païens. Le complot rate évidemment, puisque le christianisme triomphe sur toute la ligne. Détails sur ce roman dans http://www.sulpiciusalexander. ch

Pascal a dit…

Syracusius : Merci pour cette précieuse mise au point et bonne chance à votre roman.

Anonyme a dit…

Pub de Syracusius pour son roman publié à compte d'auteur (éd. Bénévent) ! Je l'ai feuilleté, pas très très facile à lire. Mais l'époque de Julien l'Apostat est effectivement fascinante et mérite d'être mieux étudiée. On pourrait en tirer de beaux romans ou films.