dimanche 11 janvier 2009

Garance




"La fille des batailles" Texte et illustrations de François Place. Casterman, 2007.







Nous sommes au XVIIe siècle. Par une effroyable nuit de tempête, un navire fait naufrage en vue des côtes du Royaume de France. Lorsque les habitants des environs arrivent sur le rivage afin de récupérer les marchandises et les pièces du navire démembré par les flots, ils ne trouvent sur la plage qu'une seule survivante de la catastrophe. C'est une fillette d'une dizaine d'années enveloppée dans une cotonnade blanche. Sa peau est noire. Est-elle l'une de ces esclaves dont les européens font un commerce lucratif ? Ses poignets semblent cependant exempts des marques laissées par les chaînes dans lesquelles on entrave le bétail humain des côtes d'Afrique.
Le bailli des environs va recueillir la petite fille, l'habiller et la coiffer d'un turban rouge « à la turque » afin d'aller l'exhiber à la capitale comme un animal exotique.
Sur sa route, le bailli va faire une halte à l'auberge du Soleil d' Or où, encouragé par d'anciens compagnons de rencontre, il va boire plus que de raison, jouer aux cartes et finir par perdre tout son argent. Que faire ? Il décide alors, pour se refaire, de mettre en jeu sa dernière possession : la fillette.
Scandalisé par cette attitude, l'aubergiste va racheter la petite fille et, avec sa femme, va décider de l'adopter. L'enfant, qui est muette va être nommée Garance, en souvenir du turban rouge dont l'avait affublée le bailli.
Maître Martin et sa femme Clémence vont très vite s'enticher de la petite fille et celle-ci va grandir entourée de l'affection de ses parents adoptifs. Les années vont passer et Garance va gagner en beauté au point de susciter la convoitise d'un cruel seigneur des alentours. Mais garance n'a d'yeux que pour Bastien, son jeune ami musicien.
Mais l'amour que se vouent les deux jeunes gens va être compromis par la guerre. Bastien va être enrôlé comme tambour dans les armées du Roi et va devoir partir pour les provinces du Nord où la guerre fait rage. Garance, n'en pouvant plus de l'attendre et craignant qu'il n'ait été tué sur les champs de bataille, va alors se décider à quitter l'auberge et à rejoindre Bastien. Elle va partir seule sur les routes du Royaume, à la recherche de son amoureux.
Commencent alors de nombreuses aventures au cours desquelles Garance et Bastien vont devoir affronter de nombreux périls dans ce Royaume de France où sévissent la guerre, puis les dragonnades, où Bastien endurera le sort des galériens avant de retrouver la liberté, Garance et leur petite fille Séraphine qui, prise de passion pour la lecture, va connaître un fabuleux destin.

François Place, qui m'avait déjà enchanté avec les trois tomes de « L'Atlas des géographes d'Orbae », nous offre ici un beau conte situé non pas dans un pays exotique et imaginaire comme il aime à nous les décrire, mais dans le contexte historique du XVIIe siècle, ce qui lui donne l'occasion de nous gratifier de très belles illustrations inspirées des peintres paysagistes du Grand Siècle. Son trait de plume rehaussé d'aquarelle nous entraîne avec émerveillement dans un monde chatoyant , fourmillant de personnages colorés évoluant au sein de paysages subtilement composés, reconstituant ainsi des scènes sur lesquelles l'oeil du lecteur peut s'attarder de longues minutes afin d'en savourer les moindres détails.
Le récit, quant à lui, sobre et limpide, nous offre l'occasion de nous extasier devant ce conte sans prétentions qui réunit pourtant tous les atouts du genre avec son cortège de bons et de méchants, de scènes de batailles, de personnages pittoresques , de dangers,et de rebondissements, de séparations et de retrouvailles.
Un très bel album qui ravira aussi bien le jeune public que les plus grands qui auront su garder en eux-mêmes une part de leur âme d'enfant.




2 commentaires:

Michel a dit…

Autant je trouve toujours le dessin de ses livres beaux, autant pour celui-ci j'ai trouvé l'histoire un peu simple, sans intérêt !

Franck Bellucci a dit…

Voici qui me donne envie d'offrir ce volume à l'un de mes fils. Pour le texte et l'iconographie bien sûr...