dimanche 20 juin 2010

Le 8ème Prix des Lecteurs du Télégramme # 7


"Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates" Mary Ann Shaffer & Annie Barrows. Roman. Editions Nil, 2009.
Traduit de l'anglais par Aline Azoulay-Pacvon.

Voici un cercle littéraire qui, depuis sa sortie en 2009, a fait couler beaucoup d’encre et de pixels. Porté aux nues par certains, décrié par d’autres, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’ouvrage de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows n’est pas passé inaperçu et est rapidement devenu l’un des plus grands succès éditoriaux de ces dernières années.

Bien sûr, la communauté des lecteurs n’est jamais unanime sur la qualité d’une œuvre et, face au déferlement d’avis positifs qui ont accompagné la sortie de ce roman, certaines voix se sont faites entendre, qui ne trouvaient pas cet ouvrage aussi extraordinaire que l’on voulait bien nous le faire croire. Ce fut le cas dans mon entourage où j’entendis des avis plutôt mitigés sur ce roman, voire quasiment négatifs. Inquiété par ces critiques, et influencé comme peut l’être tout un chacun par ses proches, je décidai de laisser de côté sur une étagère mon exemplaire flambant neuf, bien résolu à ne jamais en entamer la lecture.

Puis vint l’annonce de la sélection du 8ème Prix des Lecteurs du Télégramme, et c’est avec surprise et inquiétude que j’appris que « Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » faisait partie des dix ouvrages choisis pour cette année 2010. Mince! J’allais devoir, par la force des choses, me contraindre à lire un ouvrage dont on m’avait plus vanté les défauts que les mérites.

C’est donc avec une certaine appréhension et une grande dose de scepticisme que j’entamais la lecture de cet ouvrage.

Les premières pages de ce roman épistolaire ne contredirent pas les avis plutôt dubitatifs que l’on m’avait communiqués: difficulté à s‘immerger dans le récit, ainsi qu’à saisir et à reconnaître les différents personnages évoqués. Puis, peu à peu, je suis entré dans cette histoire, faisant progressivement connaissance avec les protagonistes de ce roman et je me suis pris au jeu et ai découvert une galerie de personnages attachants dans ces habitants de Guernesey, contraints, suite à un mensonge, de s’adonner à la littérature pendant les années d’occupation allemande. Je me suis amusé à faire la connaissance de ces fermiers, qui auparavant n’avaient jamais éprouvé d’attirance pour la lecture, se mettent à lire Sénèque ou Catulle.
J’ai aussi été ému par le destin d’Elizabeth, qui est à l’origine de la création du Cercle Littéraire, et dont on s’aperçoit peu à peu qu’elle est le véritable personnage central de cette histoire. J’ai par contre été un peu agacé par cette bluette entre la narratrice, romancière, et ce richissime américain, un épisode du récit à l’aboutissement trop prévisible qui ne sert finalement qu’à mettre en place le Happy End de cette histoire. On pourra, en effet, au final, critiquer l’avalanche de bons sentiments qui fait le corps de ce livre mais il n’est pas désagréable parfois de lire un ouvrage où le cynisme ne règne pas en maître, où l’humanité des personnages est mise en valeur, sans toutefois tomber dans un récit de type bisounours.

C’est le cas de ce « Cercle Littéraire des amateurs d’épluchures de patates », un roman sans prétentions et qui fait du bien à l’âme sans tomber dans la mièvrerie, et dont le ton, teinté d’un humour So British, nous dispense d’excès de pathos ou d’une vision par trop idyllique des rapports humains.

Bref, et pour finir, je dirais que ce roman fut pour moi un agréable moment de lecture. Certes, ce livre ne fut pas une « révélation » ni un « coup de coeur », seulement un roman sympathique dont j’ai pris grand plaisir à suivre le déroulement.
Ce ne fut pas non plus, loin de là, le désastre annoncé, et si ce livre ne fera pas partie des ouvrages les plus marquants que j’aurais lus au cours de ma vie de lecteur, j’en garde pourtant un souvenir agréable malgré le fait que par sa forme et par le sujet abordé, ce roman ne peut m’apparaître que comme un pâle ersatz de l’excellent « 84, Charing Cross Road » d’Helen Hanff. Mais cela n’est après tout que mon avis, et au vu de ce que j’ai écrit plus haut, il vous est conseillé de ne pas suivre mon opinion et de juger par vous-mêmes de l’intérêt et du plaisir que vous aurez (ou que vous avez déjà eu) à lire ce petit roman, somme toute bien sympathique.




5 commentaires:

Jules a dit…

Tant de grandes peurs pour rien finalement!! J'ai beaucoup aimé et c'est vrai que l'humour y est très présent.

Anonyme a dit…

Je persiste à dire "Beaucoup de bruit pour rien" ;-)
Katell

Margotte a dit…

Je n'ai pas pu dépasser la troisième page... Et, pour tout avouer, je l'ai trouvé vraiment mal écrit. Il m'est littéralement tombé des mains. Heureusement, je l'avais pris à la bibliothèque où il est vite retourné...

Joelle a dit…

Je l'ai beaucoup aimé et j'ai du mal à le comparer au livre de Helen Hanff que j'ai carrément détesté !

chiffonnette a dit…

Un roman doudou qui fait du bien à l'âme!